sergiobelluz

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* au music-hall *


Footit et Chocolat racontés par Maurice Sachs en 1939.

« Mort de Footit. « Un clown chasse l’autre », disait-il en piste.

 

On se rappellera longtemps la fameuse scène avec son partenaire Chocolat :

 

-          il faut toujours  répondre à toutes les questions que je vous pose, Deux bouts de bois.  Bien, je commence : la vie est belle.

-          Deux bouts de bois.

-          Bien, monsieur.  La vie n’est pas belle.

-          Deux bouts de bois.

-          Eh !  bien, vous avez perdu ?

-          Pourquoi ?

-          Parce que vous avez répondu pourquoi ! »

 

Maurice Sachs, Au temps du Boeuf sur le toit, Les Cahiers rouges, Grasset, 1987

 

 

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28/02/2016
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Arturo Brachetti ou Les Métamorphoses.

La promotion du fabuleux spectacle de ce transformiste hors pair ne rend pas, et c'est dommage, le côté dilettante, le côté soirée de music-hall familiale avec prestidigitateur, le côté presque amateur dans le très bon sens du terme, c'est-à-dire la fraîcheur d'un spectacle encore humain par ses apparentes naïvetés (alors que tout est travaillé au cordeau).

 

J'y retrouve à chaque fois des émerveillements d'enfance, par exemple une partie où il s'amuse avec des ombres chinoises, ce que chacun de nous a au moins fait une fois dans sa vie d’enfant, et même d’adulte, le soir quand on est censé dormir et qu'on n'en a pas envie.

 

J’y retrouve aussi, dans le rythme et les gags, tout un univers rapide et facétieux à la Tex Avery, des sortes de dessins animés pleins d’icônes, de musique, de cinéma, de télévision, un peu comme la fameuse mythologie contemporaine décrite par Barthes , mais en plus rapide et en plus drôle.

 

Arturo Brachetti incarne plus de 80 personnages et se change en  quelques secondes à chaque fois, allant, par exemple, jusqu’à interpréter tous les protagonistes d’un western, du consommateur au cow-boy, en passant par la chanteuse de bar, tout ce beau monde a droit à sa minute de gloire via la porte battante d’un saloon qui n’arrête pas de s’ouvrir et de se fermer

 

Pour lier le tout, et lui donner une touche tendre, Bracchetti a créé une histoire, des conversations avec sa mère, qu’il raconte (invente?) avec son bel accent italien, en s’adressant directement au public.

 

Un extraordinaire spectacle avec un charme fou, vu à Barcelone et qu'on trouve en DVD (l'enregistrement a été fait au Théâtre Mogador).

 

©Sergio Belluz, 2016.

 

 

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26/01/2016
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Shirley et Dino: un coup de chapeau (avec lapin).

Shirley et Dino, du music-hall à l'ancienne, au premier et au second degré, ce music-hall bon enfant que Charles Trenet a si bien chanté dans ‘Moi, j’aime le music-hall’.

 

Des tours de magie, des acrobaties, de la musique jouée sur des instruments improbables, des chansons ratées, des performances de toutes sortes (ombres chinoises, danse en habits d’animaux, glockenspiel, ventriloquisme...) le tout enrobé dans un pastiche de boniment théâtral faussement désuet du style « et maintenant, Mesdames et Messieurs, vous allez assister à un évènement extraordinaire, jamais présenté auparavant, une première mondiale rien que pour vous, etc... ».

 

Le tout est joué et présenté par de faux artistes ratés et attachants à la fois, qui se chamaillent comme garçon et fille (coup de pied, tirage de cheveux et j'en passe), c'est facétieux et pleins de fantaisie. Quelque chose entre  le ‘Salut l'Artiste’ d'Yves Robert (pour la dimension artiste cachetonneur, naïf, mais attachant), le ‘Ginger et Fred‘ de Fellini (pour le côté tendrement décalé et faussement désuet) et les ‘Contes du Chat Perché’ de Marcel Aymé (pour les bagarres enfantines et la mauvaise foi gentille de ces deux grands gosses).

 

Ce qu'on aime et ce qu’on y retrouve, dans les spectacles de Shirley et Dino, ce sont à la fois des souvenirs d’émerveillement enfantins (au cirque, au théâtre de marionnettes) et des souvenirs de chamailleries d'enfant, avec tout le reste - les jeux fantasques qui se muent en bataille rangée, l'imagination débridée sans le suivi... C'est du genre les batailles de petits pois aux repas, avec les coups de pied sous la table et les pincements, et les pouffements.


Ça m'a aussi rappelé deux humoristes/fantaisistes: il y en avait un qui passait aux émissions de Guy Lux, ou du jeune Michel Drucker, un magicien (anglais?) à la « tronche en biais », chauve, mais avec une très longue mèche, de celles que certains chauves utilisent pour s'entourer le crâne et se donner l'illusion d'avoir des cheveux, très solennel, en frac, qui ratait tout ce qu'il faisait avec l’air ahuri de celui qui se demande pourquoi le lapin qui devait normalement sortir du chapeau ne sort pas.

Et puis évidemment, l’autre référence, c’est le grand José Garcimore, ce fabuleux clown-magicien à l’accent espagnol à couper au couteau, qui ratait d’abord tout pour enfin réussir un tour qu’on n’avait pas prévu parce qu’on était resté sur la partie ratée, du très grand art. On a toujours à l’oreille la fois où, avec son fort accent, il disait à Denis Fabre, la présentatrice toujours hilare :

 

- Toussez ici.

 

(elle tousse)

 

- Non, toussez, toussez.

 

(elle retousse)

 

- Non, non, toussez avec les doigts (et Denise Fabre de piquer un énième fou rire).

 

©Sergio Belluz, 2016.

 

 

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21/01/2016
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