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Berne-Melbourne aller-retour (11) : Dust in the Wind.

Je dois beaucoup à ce séjour raté à Melbourne : une passion pour ce pays, où j’aurais voulu rester  - impossible avec le passeport diplomatique, il me fallait retourner d’abord en Suisse puis, en tant que citoyen suisse ‘normal’ avec passeport ‘normal’, faire une demande de visa ordinaire –, une grande amie néo-zélandaise, à qui je rendrai visite quelques années plus tard, les merveilleux concerts classiques donnés en plein air dans le majestueux Victoria Park...

 

...Mais aussi les grands incendies de 1983, les nuages de poussière rouge qui, dispersée par un vent puissant, s’insinuait partout dans les appartements et couvrait le ciel et la ville comme si c’était la fin du monde. Ces ciels rouges étaient si impressionnants que j’avais pensé : « Ça y est, la bombe atomique a explosé » (les Australiens accusaient les Français d’effectuer des tests nucléaires à Mururoa).

 

Et puis, j’avais aimé ce contrôleur d’un vieux tram, un Polonais cultivé qui s’était trouvé exilé là et qui parlait un français exquis d’Ancien Régime, et une amie allemande, coiffeuse de son métier, qui m’invitait aux barbecues de ses clients, souvent grecs (Melbourne est la seconde ville grecque au monde après Athènes).

 

J’aimais aussi flâner dans le quartier italien de Carlton, où on trouvait du chinotto. J’aimais rêvasser dans le quartier des affaires, avec ses gratte-ciels, ou sur le bord de mer, avec ses plages populaires. J’aimais sortir de Melbourne et suivre les superbes côtes du South Victoria, avec ses plages magnifiques et désertes, entrecoupées de petits villages où l’on mangeait des fruits de mer accompagnés de rosé australien – une Italie moderne qui parlerait anglais.

 

©Sergio Belluz, 2017, Le journal vagabond (2013).

 

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05/12/2015
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