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Berne-Melbourne aller-retour (8) : le ‘Personal Stop’ – ou encore.

Pour rejoindre le Consulat général de Suisse à Lisbonne, je devais obligatoirement passer par la Centrale des Affaires étrangères à Berne, j’en avais profité pour parler avec le père de l’écrivain Alexandre Friedrich, ce diplomate qui effectuait alors son séjour obligatoire en Suisse – tous les diplomates suisses doivent, au moins une fois dans leur carrière, revenir pendant quelques années à la Centrale pour « garder le contact avec le pays », ce qui ne plait à personne : c’est à Berne, c’est ennuyeux, c’est administratif, et on paie des impôts alors qu’à l’étranger on  est mieux payé, on a un appartement de fonction et on ne paie pas d’impôt, d’où l’intérêt de la Carrière.

 

Ce diplomate, à cause de ce fameux ‘Personal Stop’, avait tenté de me convaincre que le Portugal serait beaucoup plus intéressant, qu’il ne fallait pas me décourager...

 

Mais devant ma conviction que ce boulot n’était vraiment pas fait pour moi et que j’étais encore moins fait pour ce boulot, il m’avait fait remarquer que je rompais mon contrat et qu’à cause du déménagement de mes pauvres affaires personnelles (des habits, des livres, des disques, une guitare), j’aurais des frais à payer au prorata de ce que j’avais travaillé, des frais qui se montaient à cinq mille francs, une fortune pour moi.

 

Je lui avais alors dit qu’à moins de me trouver un travail à la Centrale pour rembourser ces cinq mille francs, je ne voyais pas comment j’allais pouvoir payer cette somme, la prostitution étant hors de question en l’occurrence.

 

©Sergio Belluz, 2017, Le journal vagabond (2013).

 

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Illustration: Markus Raetz, 'Yes-No'



02/12/2015
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