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Notes grecques (05) : le petit monastère et tout le bazar

Avec ma carte journalière tous transports à quatre euro cinquante, je prends la ligne bleue du métro, celle qui navigue entre Sainte Marine (Aghia Marina) et l’Aéroport.

 

Je descends au ‘Petit Monastère’, Monastiraki, avec une fringale que mon petit déjeuner copieux ne justifie absolument pas.

 

Qu’importe, ‘if you can’t fight it, enjoy it’, et j’en profite pour savourer les délicieux bretzels grecs, encore tièdes, saupoudrés de sésame, et ceux, plus sucrés, couverts de graines de tournesol.

 

La place Monastiraki, sert à la fois de gare de métro importante, en particulier pour celui qui va au Pirée, et de porte d’entrée au bazar d’Athènes où ma mère, ma soeur et moi allions régulièrement acheter pour les offrir ces ‘mauvais yeux’ bleu foncé translucides avec leur bel oeil égyptien porte-chance, et ces ‘koboloï’, les rosaires que les hommes tournicotent et détournicotent sur leur index dans les moments d’attente.

 

Je me souviens d’un koboloï que ma mère avait acheté là et que j’aimais bien, parce qu’il était fait de petits dés à jouer blanc ivoire avec des points noirs.

 

Aujourd’hui, je préfère les plus classiques, avec leurs petites perles de bois brun.

 

Le bazar a changé, bien sûr, et aujourd’hui c’est d’abord, comme partout ailleurs, des habits et des souliers qu’on y trouve, même s’il reste encore quelques boutiques plus grecques, sans doute plus grecques que leur produits, d’ailleurs : les koboloï et les mauvais yeux doivent provenir de Turquie, voire de Chine...

 

Toutefois, la configuration du bazar n’a pas changé, ni sa couleur de fond noire due aux tentures qui le protègent du soleil.

 

En m’y promenant, je mettais encore mes pas d’adultes dans ceux du gosse que j’étais il y a près de cinquante ans.

 

En fermant les yeux, je peux me plonger un instant dans ce brouhaha commerçant – on invite, on marchande, on refuse, on tope – qui est resté identique à celui de mon passé.

 

Quant aux koboloïs, si j’en ai bien vu encore aux doigts de jeunes hommes dans un quartier de la petite bourgeoisie, du côté de la station Tavros et Petralona, j’ai remarqué son absence totale à l’index des jeunes fils à papa : c’est que le smartphone accapare toutes les mains et fait passer le temps beaucoup plus rapidement, jusqu’à le faire disparaitre tout à fait si l’on n’y prend pas garde.

 

©Sergio Belluz, 2017, Le journal vagabond (2017).

 

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16/10/2017
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