sergiobelluz

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"Et puis quoi, qu'importe la culture ? Quand il a écrit Hamlet, Molière avait-il lu Rostand ? Non." - Pierre Desproges

Notes grecques (12) : le bus, transport artistique

Depuis la place Omonia, j’ai repris un métro en direction d’Aghia Marina, cette fois en m’arrêtant à la station Keramicos (‘Céramique’), que je connaissais déjà.   La zone est appelée ‘Gazi’ et, effectivement, ça gaze un max dans ce quartier qui tire son nom de l’ancienne usine à gaz devenue lieu d’exposition d’art contemporain : les bars et les restos se succè...

Notes grecques (11) : l’Orient-Express à €4.50

C’est en retraçant mes pas dans ce vieux Pirée en train de disparaitre que je suis arrivé à son ancienne gare ferroviaire, que je pensais désaffectée, elle aussi, et qui fonctionne toujours.   Si le métro est aujourd’hui le mode de transport le plus courant pour arriver d’Athènes au Pirée, c’est qu’il en passe un toute les sept minutes, et qu’il part de la place Monastiraki, bien situé...

Notes grecques (10) : Mon Salonique

Une fois encore, je n’ai pas retrouvé le quartier perdu de mon enfance au Pirée, mais une fois encore j’en ai retrouvé quelques parcours, quelques traces, me rappelant à nouveau certaines rues extrêmement raides du centre du Pirée, où, quand il pleuvait, l’eau ruisselait en cascade.   Nous habitions dans un quartier flambant neuf où habitait une population de petite classe moyenne : des maisons mitoyennes dans une rue trè...

Notes grecques (09) : à la fortune du port

Les entrepôts du vieux Pirée, je les ai encore connus lorsque j’étais enfant, tout comme l’ancien terminal maritime, aujourd’hui désaffecté.   En me promenant, je me suis rappelé soudain un quartier tout aussi semblable, un autre quartier de petit commerce, de pièces mécaniques et d’objets liés à l’activité portuaire.   Je le revoyais, cet autre quartier, sans arriver à me rappeler exactement dans quel pays le situer. Je le voyais prè...

Notes grecques (08) : les déguisements du passé

Le Pirée que j’ai connu était un vrai port. Il y avait même une plage de sable sale. Un matin, nous y avions trouvé, fascinés, une femme qui se recouvrait de sable, puis se roulait dedans, comme pour se nettoyer d’une maladie de peau.   On pouvait se baigner à ses risques et périls. Comme, enfant, on a de la peine à penser longtemps aux risques et aux périls et qu’on résiste très mal au plaisir d’...

Notes grecques (07) : triangle et fer à cheval

Les vieux rails désaffectés de l’ancien Pirée témoignent encore de toute l’activité commerciale d’un passé glorieux...   Mais aujourd’hui, tout s’est déplacé plus loin, juste à côté, et les Chinois dirigent le port.   Je n’ai pas connu le vieux Pirée, celui de la première moitié du XXe siècle, mais j’en ai connu un des avatars, celui des anné...

Notes grecques (06) : un enfant du Pirée

Quand je suis à Athènes, il y a toujours un moment où je rejoins le Pirée. C’est mon 'À la recherche du temps perdu grec' à moi. Je repars à chaque fois sur les traces de ce moment intense d’éternité enfantine où nous vivions, ma soeur et moi, sur une des collines de la ville, dans un quartier modeste mais tout neuf situé dans ce Pirée si vieux.   Le métro menant au Pirée est toujours aussi dé...

Notes grecques (05) : le petit monastère et tout le bazar

Avec ma carte journalière tous transports à quatre euro cinquante, je prends la ligne bleue du métro, celle qui navigue entre Sainte Marine (Aghia Marina) et l’Aéroport.   Je descends au ‘Petit Monastère’, Monastiraki, avec une fringale que mon petit déjeuner copieux ne justifie absolument pas.   Qu’importe, ‘if you can’t fight it, enjoy it’, et j’en profite pour savourer les délicieux bretzels grecs, encore tiè...

Notes grecques (04) : Les dieux ne sont pas morts, ils sont riches

Après un délicieux café pris dans mon chez moi athénien temporaire, et une intense rêverie sur sa terrasse tout aussi temporaire, je suis ressorti, rafraichi, vers 22.00 dans l’idée de retrouver les lieux branchés du Lycabette.   Je les avais écumés, avec ceux de Glyfada, plus au sud d’Athènes, au bord de la mer, avec mes collègues chanteurs d’alors, mon amie, Olga, ‘soprano dramatique’...

Notes grecques (03): L'Affaire Callas

Après la Fondation Niarchos, j’ai repris la navette pour rejoindre la place Syntagma et suis retourné vers 19.00 à ce chez moi temporaire, longeant l’avenue Sofias, avec ses élégants hôtels particuliers qui abritent aujourd’hui ambassades (Égypte, France, Belgique, Italie, Norvège, Portugal, Grande-Bretagne...) et musées, le Theocharakis, le Benaki, le Goulandris (un musée des Cyclades et de l’art grec ancien), tous passionnants, et à...

Notes grecques (02): La culture supporte très bien l’armateurisme

Assez facile d’aller à la toute nouvelle Fondation Stavros Niarchos: il faut partir de la place Syntagma où, devant le MacDonald’s, passe une navette « toutes les demi-heures », m’assure la jeune femme chargée d’assister les touristes dans leurs errances, et où j’ai dû l’attendre plus d’une heure.   Le minibus avec air conditionné parcourt la grande avenue Syngrou, qui mène au Piré...

Notes grecques (01): Revoir Athènes et revivre

Extraordinaire de retrouver cette sensation d’enfance, une sensation si forte qui avait submergé mes neuf ans, celle de voir cette ville aimée, une de mes villes, Athènes, et de la voir de haut – à neuf ans, depuis l’Acropole, aujourd’hui, à cinquante-six ans, depuis la grande terrasse du sixième étage d’un élégant immeuble du centre, une terrasse orientée est-ouest, depuis laquelle on voit, à...

Rossini, le Raymond Queneau de la musique

Avec sa dizaine de versions, la mélodie ‘Mi lagnerò tacendo’ de Rossini, inclus dans ces drôlissimes ‘Péchés de vieillesse’, est l’exemple-type de ce qui fait de Rossini un compositeur tout à fait particulier.   Il a bien dû s’amuser à démontrer combien le texte était accessoire, et que c’était surtout la musique qui donnait la couleur du sentiment, comme au cinéma, où...

Appunti italiani (12): Mambo con Morandi (bis)

Al MAMBO di Bologna, mi è piaciuto moltissimo la collezione più “politica” (tra virgolette, cioè impegnata politicamente), collegata colla cosidetta “Bologna rossa”, ossia comunista.   In particolare, c’è un quadro straordinario di Renato Guttuso – che presta anche la sua voce in certe parti del film La Rabbia di Pasolini.   Il quadro di Guttuso, intitolato Funerali di Togliatti (1972) è un grande affresco dove appaiono molte personalità...

Appunti italiani (11): Mambo con Morandi

Oggi, mi sono detto che con tutta questa pazzia delle reti sociali, dove, tutti questi giorni, ho messo molte fotografie, e ripubblicato i miei testi su Pesaro, mi sono dimenticato di ciò che è veramente importante.   Non mi piace. Non sono fiero di me. Anzi, è una vergogna, e devo assolutamente ritrovare un equilibrio.   La domanda chiave: “Vale la pena tutto questo?”   ***   Questa mattina, visto che mi sono alzato presto, ho deciso di andare a visitare il Museo Morandi –...

Appunti italiani (10) : dalla Biennale di Venezia allo shopping

Mi ritrovo in prima classe (€48) perchè non c’erano più posti ed è l’ultimo treno da Venezia a Bologna Centrale.   Avrei dovuto fare il biglietto prima, ma siccome non sapevo essattamente quanto ci vorrebbe per visitare la Biennale, ho preferito lasciare l’ora aperta (con Italo, è pericoloso, è l’ultimo treno esce proprio ora, invece con Trenitalia ce n’è ancora uno verso le 19.40).   ***   Anche in prima classe ci sono dei seccatori ...

Appunti italiani (09) : Miguel Bosè, maschio ballerino

Ho visto tre giovani con questi pantaloni non più in taglia bassa, ma proprio come gli uomini del quaranta, la cintura del pantalone a livello dell’ombelico: due al Festivale Rossini di Pesaro, ed il terzo sulla TV, un “giornalista”, che portava il pantalone di colore beige, e la camicia blù a striscie bianche, e, ovviamente, l’anello all’anulare, molto effeminato, anche nel suo modo di parlare.   Mi chiedo a volte se il pubblico non gay lo nota, in particolare le donne, che sono il pubblico di questo tipo di programma ?  ...

Appunti italiani (08): il gossip ed i pantaloni

Sulla TV stammatina, un programma di pettegolezzi, di gossip sulle biografie delle stelle – in questo caso Miguel Bosè (e Lucia Bosè, e Dominguín). Bosè è stato proprio un icono, perchè il padrino era il medesimo Luchino Visconti (che conosceva l’attrice, la madre, Lucia), poi Picasso era amico della famiglia.   Si sa anche che il padre, il torero, ha avuto molte storie (con Rita Hayworth, Ava Gardner, e tante altre).   Si vedeva tutta la carriera di Miguel Bosè...

Appunti italiani (07) : Bologna, le librerie, le tentazioni...

Dal ‘Giardinetto’, l’albergo di Bologna, è relativamente facile giungere il centro città : bisogna soltanto seguire dritto dritto sulla via San Vitale.   Nel cammino, ho visto altri belli esempi di streetart, e, giunto al Palazzo Communale, dove c’è wifi gratis, ho pubblicato ciò che volevo pubblicare.   Mi sono fermato ad una specie di fastfood italiano dove ho mangiato due pezzi di pizza e bevuto acqua, poi sono andato in questa deliziosa (in tutti i sensi della parola) ‘...

Appunti italiani (06) : wifi o non wifi, that is the question

Stavo pensando al fatto che, quando sono in Svizzera, ogni mattina, per andare al lavoro da Ginevra, mi piace prendere il Ginevra-Milano-Venezia Santa Lucia. Ovviamente, mi fermo a Losanna, anche se la tentazione è ogni volta più grande di continuare il viaggio.   ***   Tutto s’è fatto perfettamente : ieri sera, verso le 18.30, sono arrivato a Bologna da Pesaro, ed ho verificato orari e costi per Venezia – siccome ora ci sono due compagnie di ferrovie, Trenitalia ed Italo (Italo fa solo le grande linee collegando le grandi città...

Appunti italiani (5): Il viaggio a Pesaro ed il viaggio a Reims

Marinella, che si occupa del Tempio Rossini, ci spiega anche che lì ci sono le ceneri d’Alberto Zedda, il direttore d’orchestra che è stato chiave nella creazione del Festivale e della Fondazione Rossini.   È a lui che si deve la versione storica di ‘Cenerentola’ che, in suo onore – è morto a marzo di quest’anno – è stata ripresentata a Pesaro.   Parliamo anche della prima opera del Festivale, ‘Il Viaggio a Reims’...

Appunti italiani (4): fritto misto e Pino Silvestre

...Bella siesta, bel pisolino, dopo un delizioso fritto misto (con piadina ed insalata verde, per l’illusione di mangiare sano) allo ‘Stuchin del Port’, una specie di tavola calda informale, dove il piatto si chiede in cassa, si paga – nel mio caso undici euro per un « cono piadina-gamberi-calamari-insalata » e un litro d’acqua frizzante -, si da il nome, e si aspetta al posto che si chiami il cliente.   Ognuno apparecchia da solo, si prende il pane che vuole, l’...

Appunti italiani (3): Pesaro Liberty

Bella passeggiata in questo Pesaro che conosco da parecchi anni. Passo dalle eleganti strade burghesi della città, colle sue orgogliose ville di stile Liberty, l’Art Nouveau versione italiana.   Strano come questo movimento dell’Art Nouveau ha avuto tanto successo, in particulare nelle grandi città industriali, colle loro borghesie arricchite che volevano dimostrare tanto la loro ricchezza quanto la loro modernità.   Ma a Barcellona, il movimento si è...

Appunti italiani (2): lo stivale italiano ed il telefonino

L'Italia, per la sua forma di stivale, ha qualcosa di fondamentalmente slanciato ed elegante: si va da Nord a Sud, ed il treno può quasi fare il viaggio in linea retta - lo sviluppo dei treni rapidi, dei cosidetti 'pendolini', è stato più facile qua, la geografia aiuta molto.   Da Torino a Brindisi, cioè dalle Alpi al tacco dello stivale, ci vogliono sei ore più o meno - niente. Poi i treni, non è che costino così tanto, comparato colla Svizzera: per esempio oggi, da Milano a Pesaro, faccio quasi mezzo paese e mi costa, in questo treno veloce, cinquantaquattro euro (settantacinque euro, se avessi viaggiato in prima classe).  ...

Appunti italiani (1): Milano Centrale

Strano: mi restavano trenta minuti da aspettare per il treno in stazione, e sono andato a mangiare qualcosa nel café del corridoio della stazione di Milano Centrale - sempre questo sistema di "scontrini" che devi comprare prima, dando con anticipo quello che mangerai e beverai - nel mio caso, volevo un panino alla mortadella, ma non ce l'avevano. Ho finalmente preso quello col prosciutto, un macchiato e un bicchiere d'acqua frizzante, tutto per sette euro.   Al momento di dire quello che volevo alla cameriera, impossibile: non trovavo le parole.  ...

Pesaro (15): avec 'Le Siège de Corinthe', Rossini prend de la bouteille!

« La regia è opinionabile », la mise en scène est discutable, disait diplomatiquement un spectateur juste derrière moi, pendant qu’à côté de moi un vieux monsieur à sourcils broussailleux et apparemment spécialiste de Rossini, lançait de fréquents « Mah ! » sonores qui, à l’italienne, exprimaient en une onomatopée ce qu’en français nous serions obligé...

Ici, Rossini

Ah, mes amis, je reviens de temps en temps sur terre pour m’amuser à cette comédie humaine que mon ami Balzac a si bien décrite et qui fait tout le charme de mes petits opéras bouffons… Je reviens de temps en temps, mais n’en reviens pas d’être encore si choyé à Pesaro, dans les Marches, en Italie, où je suis né.   On me surnomme d’ailleurs ‘il Cigno di Pesaro’, le Cygne de Pesaro.  ...

Pesaro (14): 'Torvaldo e Dorliska' de Rossini ou Promenons-nous dans les bois

Je n'étais pas si bien placé que les autres années pour ce 'Torvaldo e Dorliska' de Rossini, dans le cadre du Festival Rossini de Pesaro 2017, un opéra de 1815, la même année que le 'Barbiere di Siviglia', et dont la première a aussi eu lieu à Rome.   Inspiré d'un livre, 'Lodoiska', de Francesco Gonella (1796) que Cesare Sterbini - le librettiste du 'Barbiere' - avait adapté, l'opéra est aussi un remake d'une pré...

Pesaro (13) : Rossini et le sexe ou 'La Pietra del Paragone'

C’est toute l’originalité et la spécificité du Festival Rossini de Pesaro (le ROF, pour les intimes) que d’offrir, année après année, jusqu’à quatre opéras du Maestro, et pas des plus connus (en 2017 : ‘Torvaldo e Dorliska’, ‘Le Siège de Corinthe’, ‘La Pietra del Paragone’ et le traditionnel ‘Il Viaggio a Reims’) dans des mises en scène rafraichies, inventives, originales, par les plus grands chanteurs ou ceux en passe de le devenir, et de permettre d’...

À propos du 'Journal Vagabond'

Au bas des textes que je publie plus ou moins régulièrement dans ce blog, vous trouverez souvent la mention de ce que j'ai intitulé mon 'Journal Vagabond', avec une première date qui correspond à la date de publication dans mon blog personnel, et une deuxième date, en italique, qui correspond à l'année où j'ai consigné ces mots dans les multiples cahiers quadrillés (bleus souvent, noirs ou rouges, quelquefois) qui constituent mon journal.  ...