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* Les Fables de la Fredaine *


Sergio Belluz, 'Les Fables de la Fredaine': un bestiaire amoureux!

Dans Les Fables de La Fredaine, vous trouverez:

 

…Un aigle fleur bleue, une lapine blasée, une araignée rêveuse, une mante déçue, un paresseux tombeur, une guenon lunatique, une abeille bourgeoise, un bourdon frivole, une chouette cul-pincé, des tourtereaux lascifs, un coq dépassé, un lapin pragmatique, un daim lymphatique, une gazelle pleurnicheuse, des hyènes téméraires, un crocodile pince-sans-rire, des renards facétieux, un écureuil possessif, un escargot obsédé, un perroquet narcissique, un lévrier trébuchant, des furets absents, des belettes lécheuses, une guêpe gourmande, un hibou psychanalyste, une tortue déprimée, un hippocampe métrosexuel, un labrador gnangnan, une jument snobinarde, une ânesse peau-de-vache, des limaçons libidineux, un lion coquet, un paon angoissé, des macaques fusionnels, un matou macho, une souris romantique, un castor rustaud, un putois puceau, un manchot fonctionnaire, une rate castratrice, une requine orgasmique, un rémora qui s’incruste, une sangsue à la dérive, un panda je-m’en-foutiste, un serpent éclectique, un ver de terre qui assure, une éléphante gourdasse, un taureau angoissé, un lézard volage, un zèbre écervelé et même une girafe complexée…

 

Mais pas de raton laveur.

 

Et si La Fontaine, au lieu de plagier les contes animaliers du fabuliste grec Ésope s’était plutôt inspiré de L’Art d’aimer du grand poète romain Ovide, qu’il aurait illustré par des bêtes fort portées sur la chose ?

 

Sergio Belluz: Les Fables de la Fredaine - tous les goûts sont dans la nature!

 

(Nicosie: Irida Graphics Arts, 2016)

 

 Illustrations: Chantal Quéhen

 

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06/09/2017
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Sergio Belluz, 'Les Fables de la Fredaine': L'amour, c'est la jungle!

Elle vous cherche des poux? Il vous fait tourner en bourrique?

 

C'est normal: l'amour, c'est la jungle!

 

Sergio Belluz: Les Fables de la Fredaine - tous les goûts sont dans la nature!

 

(Nicosie: Irida Graphics Arts, 2016)

 

 Illustrations: Chantal Quéhen

 

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06/09/2017
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Les Fables de la Fredaine: Présentation Payot

"Sergio Belluz aurait-il découvert un manuscrit inconnu du bon La Fontaine ? Ou aurait-il lui-même, quoi qu’il en dise, opéré le métissage baroque et ludique des Fables et des Contes (nettement plus coquins) de l’écrivain pour en tirer ce recueil aussi piquant que philosophique ?


Illustrées par Chantal Quéhen, ces Fables de la Fredaine se font animalières à la manière classique, mais c’est pour mieux ironiser sur nos travers les plus contemporains !"

 

Lien direct à la présentation sur Payot.ch

 

 

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06/09/2017
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Les Fables de la Fredaine: la critique de Jean-Louis Kuffer

 

Carnets de JLK

Riches Heures de lecture et d'écriture

 

 

Des amours de fables

 

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À propos des Fables de la Fredaine de Sergio Belluz, illustrées par Chantal Quéhen. Humour et fantaisie érotico-animalière à foison. Rendez-vous avec les auteurs vendredi soir 10 février, dès 18h. à la Librairie Filigrane d'Yverdon-les-Bains !

 

S’il n’est pas aussi ancien que l’originelle fredaine dite de la bête à deux dos, le genre de la fable remonte du moins à la plus haute Antiquité. Longtemps transmise par voie orale, à l’âge dit de la plume taillée, la fable se reproduisit ensuite selon les procédés variables de l’écriture accouplant des lettres pour former des mots se disposant sur l’immaculé parchemin tels d’élégants défilés de chenilles processionnaires. 

Le recours à l’image animale, s’agissant des origines de la fable en l’état dernier de nos connaissances, s’impose naturellement au motif que l’un des premiers fabulistes identifiés, au nom probablement improbable d’Esope (la traçabilité de sa bio fait en effet problème, tout natif qu’il fût de la Thrace), composa de son vivant quelques morceaux ressortissant au genre dont les titres, tels Le corbeau et le renardLe lièvre et la tortue ou Le bûcheron et la mort, se virent bonnement copiés/collés par l’ami des écoliers par excellence que représente Jean de La Fontaine.


Or celui-ci ne fut-il qu’un vil plagiaire d’Esope ? Nullement ! La Fontaine ne se contenta pas, en effet, de citer sa source - à laquelle s’abreuvèrent d’ailleurs bien d’autres fabulistes, du fameux Djâlal ad-Dîn Rûmi à Charles Perrault – mais poussa la reconnaissance jusqu’à lui consacrer une biographie, intitulée La vie d’Esope le Phrygien, et le citer nommément dans sa fable Le soleil et les grenouilles toujours récitée dans quelques écoles sérieuses. 


Ces précisions s’imposaient avant celles, non moins détaillées quoique plus fantaisistes, voire loufoques, marquant l’introduction des Fables de la Fredaine par l’éditeur et le compilateur préfacier, en lesquels on identifie un probable clone récent de La Fontaine lui-même du nom de Sergio Belluz.

 

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Savoir si les trente fables animalières réunies ici à l’enseigne des éditions chypriotes Irida, avec d’épatantes illustrations aquarellées de Chantal Quéhen, doivent effectivement quelque chose à La Fontaine lui-même pratiquant l’anachronisme par anticipation, selon les fantasques affabulations du préfacier, ou si Sergio Belluz y a mis plus qu’une main sans cesser de garder un oeil sur L’Art d’aimer du poète latin Ovide, est bien moins décisif que l’inspiration de l’ouvrage, découlant en somme de la sagesse anonyme des nations et des malices populaires au même titre que les fables d’Esope ou de La Fontaine, avec une touche actuelle « en sus », pour ne pas dire plus vertement: « en suce »… 


Assez ferré en érudition joyeuse et dérogeant avec le morose esprit de sérieux, au profit du vrai sérieux tragi-comique que l’humour et la fantaisie débridée cristallisent dans la meilleure veine de l’irrévérence littéraire, Sergio Belluz a déjà excellé dans le pastiche, au fil d’un ouvrage antérieur consacré à la littérature helvétique, et se montre ici un aussi habile versificateur, avec un bonheur particulier dans l’attaque des poèmes ou les sentences hilarantes, qu’un moraliste jamais moralisant ni trop provocateur non plus.

 

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Mélange de classicisme rafraîchi et de baroque parfois échevelé, Les Fables de la Fredaine oscillent entre la brièveté foudroyante et l’esquisse de conte ou l’amorce de nouvelle, en appariant nos amies les bêtes de manière souvent inattendue, voire extravagante, puisque l’on y voit deux hyènes farceuses narguer un crocodile mal aimé, un aigle frustré et une lapine lubrique, une sangsue délaissée et un panda stoïque, entre tant d’autres. 


En un premier quatrain à valeur de haïku, sur un thème classique cher à la bande dessinée, Le matou séduisant et la folle souris est un modèle de réussite en mode bref : « Une folle souris / Qui plus est dévoyée / S’entichant d’un matou / Se fit dévorer crue au premier rendez-vous ». 


Ceci pour l’exposé du cas. Que suit la sage mise en garde: « Songez-y bien / Vous qui vous éprenez /D’un très beau prédateur / À la fausse douceur / Qui cherche à vous croquer ». 


Et l’envoi du chat échaudé à l’eau froide : « Il en est des amours /comme il en est du reste : / Certaines sont fort cruelles / Et d’autres sont mortelles. » 


Dans la filiation narquoise et bon enfant du Marcel Aymé des Contes du chat perché, ou parfois du conteur Pierre Gripari, Sergio Belluz se fait un malin plaisir à bousculer les codes ou à brouiller les cartes du tendre en se faisant tantôt mordant et tantôt indulgent.

 

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Ainsi la puritaine chouette décriant l’étreinte de deux tourtereaux se fait-elle prendre elle-même au piège de l’amour par un grand-duc passant par là, et l’on se réjouit aussi de voir deux belettes se consoler ensemble de la négligence de leurs conjoints, un paresseux se laisser faire des choses par une guenon entreprenante sans cesser de bâiller, ou tels amants dolents (un daim trop fragile et sa gazelle trop frêle) constater qu’Eros s’embête quand on pleure un peu trop sur son sort. 


Bref, chacune et chacun, dans ces fables à multiples retournements mimant bonnement les surprises de la vie, trouvera son semblable ou son contraire chez la triste tortue ou le hibou sans empathie, l’écureuil aussi platement prévoyant que la fourmi de la fable – alors que le baryton Belluz chante en toute insouciance sur sa branche -, ou le paon plastronnant au dam du castor et du chien en leur faisant valoir, déployant sa roue, qu’ «Afin de pouvoir exister l’amour a besoin d’illusion »…


Sergio Belluz. Les Fables de la Fredaine, 238p. Avec des illustrations de Chantal Quéhen hélas dépréciées par de très piètres reproductions. Editions Irida, Nicosie, 2016.

 

Lien direct à la critique de Jean-Louis Kuffer

 


06/09/2017
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