sergiobelluz

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Ainsi parlait François Truffaut.

Fascinant supplément du magazine Le Point, un hors-série consacré à François Truffaut d’où j'extrais ce choix de citations, toutes extraordinaires de précision. Quel talent, quelle vision d’ensemble, quelle lucidité !

 

« Bon ou mauvais, un film ressemble toujours à celui qui en signe la réalisation. »

 

« J’aime les chansons d’amour parce qu’elles disent la vérité. »

 

« J’aime Renoir parce qu’il allait vers la simplicité sans jamais chercher à avoir un style. »

 

(À propos de Stephen Spielberg) : « Son film Duel est un premier film modèle. »

 

« C’est Jean Renoir qui m’a appris que l’acteur jouant un personnage est plus important que ce personnage… Rien d’étonnant donc si Antoine Doinel s’est, dès le premier jour de tournage des Quatre Cents Coups, éloigné de moi pour se rapprocher de Jean-Pierre. »

 

« Certaines lettres sont tapées à la machine, et j’en écris d’autres à la main. La Chambre verte, c’est comme une lettre à la main, ça ne sera pas parfait, mais ce sera vous, votre écriture. »

 

« La vie par définition est provisoire, elle va vers une chose qui se dégrade. Par contre, tout en nous, dans notre affectivité, appelle le définitif. Donc si on fait un cinéma affectif comme je le fais, on ne peut filmer que des déchirements. »

 

« Comme un électricien, je dénude les fils, je réduis le nombre d’éléments. »

 

« Je ne parle que de ce que je connais. Je ne pourrais pas faire de films à idées. »

 

« Vos souvenirs et vos expériences doivent servir à votre écriture. N’ayez pas peur. Si quelque chose semble trop proche de la réalité et que vous redoutez que cela soit gênant pour ceux que cela implique, changez un détail. » (À Leslie Caron)

 

Sur Godard : « Il appartient au groupe des envieux compulsifs. »

 

« Le cinéma, il faut que ça aille plus vite que la vie. »

 

Sur Godard (lettre de 1973) : « Je sens le moment venu de te dire que selon moi tu te conduis comme une merde (…). À mon tour de te traiter de menteur (…) Tu l’as toujours eu, cet art de te faire passer pour une victime, alors que tu te débrouilles toujours très bien pour faire ce que tu veux, quand tu veux, comme tu veux et surtout préserver l’image pure et dure que tu veux entretenir, fût-ce au détriment des gens sans défense… L’idée que les hommes sont égaux est théorique chez toi, elle n’est pas ressentie. Il te faut jouer un rôle et que ce rôle soit prestigieux. Les vrais militants sont comme des femmes de ménage, travail ingrat, quotidien, nécessaire. Toi, c’est le côté Ursula Andress, quatre minutes d’apparition, le temps de laisser se déclencher les flashes, deux, trois phrases bien surprenantes et disparition, retour au mystère avantageux (comportement de merde, de merde sur un socle…) »

 

Sur Hitchcock : « Le secret d’Hitchcock est de filmer les scènes d’amour comme des scènes de crime et les scènes de crime comme des scènes d’amour. »

 

©Sergio Belluz, 2015, Le journal vagabond (2014).

 

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09/11/2015
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