sergiobelluz

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Tout est dans le cigare.

À la table d’à côté, deux couples de jeunes espagnols fortunés, dont les deux mâles sont en train de fumer chacun un énorme cigare. Impossible de ne pas comparer ces cigares à des phallus que chacun arborerait fièrement.

 

On se dit que Carmen, George Sand, Régine Deforges ou Christine Ockrent ont bien interprété ce symbole du pouvoir.

 

On parle des conditions de l’économie, de la meilleure manière de payer le moins possible au fisc, de qui contacter au noir pour repeindre une maison, ou installer les appareils électriques tout en se plaignant de ces « enchufes », ces plans sur lesquels on ne peut pas toujours compter, qui bâclent le travail.

 

Les voix sont sèches, brutes, apparemment viriles, mais le débit saccadé et les affirmations péremptoires n’arrivent pas à cacher des timbres masculins plus nuancés. Les femmes approuvent leurs maris, on parle tous ensemble et on refait le monde, un monde de riches, au café du commerce.

 

©Sergio Belluz, 2017, Le journal vagabond (2014).

 

 

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23/01/2016
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