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Paul Morand - Coco Chanel: même combat (et même verve)

Magnifique et virtuose, L’Allure de Chanel, ce récit que Paul Morand consacre à Coco Chanel et qui est comme un long monologue de la créatrice de mode, dont il rend parfaitement la manière de parler, les tournures – dans tous les sens du terme – le ton sec et péremptoire, et l’intelligence désabusée:

 

« Si j'ai su rendre autour de moi les gens heureux, je n'ai pas pour moi-même le sens du bonheur.

 

Le scandale me dérange.

 

J'ai diverses sortes de pruderies.

 

De même que je n'arrive pas à sortir de chez moi, je n'aime pas qu'on dérange mon monologue, je n'aime pas sortir de mes idées.

 

J'ai détesté qu'on mette de l'ordre dans mon désordre, ou dans mon esprit.

 

L'ordre est un phénomène subjectif.

 

Je déteste aussi les conseils, non parce que je suis têtue, mais au contraire parce que je suis influençable.

 

D'ailleurs les gens ne vous donnent que des jouets, des médecines ou des conseils qui sont bons pour eux.

 

Je n'aime pas non plus m'attacher, car dès que je tiens à quelqu'un, je suis lâche; or la lâcheté me déplaît.

 

Comme dit Colette, en citant Sido: « L'amour n'est pas un sentiment honorable. »

 

J'adore critiquer; le jour où je ne critiquerai plus, la vie pour moi sera finie. »

 

©Sergio Belluz, 2019, le journal vagabond (2006).

 

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23/10/2019
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