sergiobelluz

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"Et puis quoi, qu'importe la culture ? Quand il a écrit Hamlet, Molière avait-il lu Rostand ? Non." - Pierre Desproges

L’écrivain Augusto Monterroso fait Kafka dans ses Fables

Il m’a fallu aller à la Bibliothèque Universitaire de Lausanne pour trouver La Oveja negra y demás fábulas (‘la Brebis galeuse et autres fables’) de l’extraordinaire écrivain guatémaltèque Augusto Monterroso (1921-2003), un livre parut en 1969 et qui n’a pas pris une ride.   Une petite merveille : des miniatures à l’humour narquois, à la Marcel Aymé – celui de ces chefs-d’...

Le réel n’est pas vrai ou 'Manon Lescaut' de l’abbé Prévost

Intéressant d’entendre et de revoir, au Liceu de Barcelone, cette Manon Lescaut de Puccini, et décidément, il y a dans ce Puccini-là cette vulgarité sentimentale que le vérisme – avec Mascagni et Leoncavallo et leur Cavalleria Rusticana et Pagliacci – va amplifier y compris dans la façon de chanter : des sanglots, des cris d’horreur, un pathos de pacotille lié un pseudo-réalisme factice qu’on retrouve dans toute une veine de ciné...

Racine ou l'élégance perverse

Tous ces soirs, je relis Britannicus  de Racine, et regrette à chaque fois de ne pas le savoir par cœur, tant cette langue est étonnante de rigueur et de souplesse à la fois : une musique, un air d’opéra, que je lis de la même manière que je le chanterais, sur le souffle, faisant se succéder les vers sur une seule respiration, les coupant pour respirer en faisant de la coupure un accent dramatique et expressif, utilisant la coupure pour caracté...

Racine et la tragédie: 'Britannicus'

Les admirateurs et les protecteurs de Corneille (entre autres Mme de Sévigné et Saint-Evremond) reprochaient à Racine son manque de fidélité à la réalité historique, comme le montrent les explications et les règlements de comptes que fait Racine dans chacune de ses préfaces.   Avec Britannicus, Racine veut prouver que les prétendues erreurs et les invraisemblances qu’on lui attribue n’en sont pas ...

Paul Léautaud: le ton, plutôt que le style

Sur les romanciers interchangeables   À André Billy, le 21 avril 1942:   "Vous ne connaissez pas de livre qui aurait pu avoir un autre auteur que le sien ? Voyons ! Prenons les romans seulement. La majorité pourraient avoir des auteurs interchangeables. Donnez à des candidats le même sujet à traiter : les différences ne seraient pas grandes. Est-ce que la plupart des romans ne sont pas des travaux extérieurs à...

Où l'auteur et son illustratrice montrent la papatte!

Vous aimez les petites bêtes qui montent, qui montent?   À plus de 1000 mètre d'altitude, à 'Lettres Vivantes', chez Geneviève Bille, à la Comballaz, au dessus d'Aigle, Chantal Quéhen et moi-même vous attendons le samedi 30 juin, de 15.00 à 17.00 pour un programme 'Fables de la Fredaine'.   Pas besoin de graisser la patte pour entrer.   Chatouilles et gratouilles bienvenues.  

Les pastiches? Basta!

Basta! Non, ce n'est pas que j'en ai marre, c'est que samedi 9 dès 11.00, à la librairie Basta, à Lausanne, je présenterai mes pastiches - et il y aura sûrement du vin et des cacahuètes, et des pistaches, pourquoi pas?   Pensez-y!  

'Les Fables de la Fredaine': rendons à la langue d'Ésope ce qui est à Ésope!

"Tel est pris qui croyait prendre" est un de ces nombreux dictons passés dans la langue et tirés d'une des Fables de La Fontaine, celui-ci de la fable Le Rat et l'Huitre que La Fontaine, pour une fois, n'a pas volé à Esope...    Heureusement, la morale de La Fontaine étant tout de même assez souple, il ne s'est pas gêné de piquer plein d'autres choses pas si bêtes au moraliste grec, pour notre plus grand plaisir à...

CH La Suisse en kit (Suissidez-vous!) - quand La Télé s'en mêle

Même si on m'y renomme Pierre Belluz, merci à mon homonyme Pierre Lachat, libraire chez Payot, pour sa lecture fouillée et son enthousiasme!        

La paix au Bout-du-Monde

Il y a quelque chose de vacancier dans les cafés des clubs de tennis, les gens y sont en tenues de sport souvent blanches, les terrains de terre battue rouges contrastent avec le vert des gazons, on entend les échanges de balles, ce son si particulier, si chic, de la balle de tennis qui rebondit sur les cordes de la raquette à intervalle régulier.   J'avais envie de revenir à cette terrasse du club de tennis de Miremont, à l'arrêt Bout-du-Monde, dans ce coin de Genè...

2018 en rendez-vous

- Jeudi 22 mars 2018, 20.30, Nicosie (Chypre):  Spectacle ’Sur un air de Ramuz’  - Artos Foundation (dans le cadre de la participation suisse au Mois de la Francophonie)   - Mardi 27 mars 2018, 9.00-10.15, Nicosie (Chypre): conférence sur le pastiche littéraire et présentation de CH La Suisse en kit (Suissidez-vous!)  et de ’Les Fables de la Fredaine’ - Université de Chypre, ...

Notes grecques (12) : le bus, transport artistique

Depuis la place Omonia, j’ai repris un métro en direction d’Aghia Marina, cette fois en m’arrêtant à la station Keramicos (‘Céramique’), que je connaissais déjà.   La zone est appelée ‘Gazi’ et, effectivement, ça gaze un max dans ce quartier qui tire son nom de l’ancienne usine à gaz devenue lieu d’exposition d’art contemporain : les bars et les restos se succè...

Notes grecques (11) : l’Orient-Express à €4.50

C’est en retraçant mes pas dans ce vieux Pirée en train de disparaitre que je suis arrivé à son ancienne gare ferroviaire, que je pensais désaffectée, elle aussi, et qui fonctionne toujours.   Si le métro est aujourd’hui le mode de transport le plus courant pour arriver d’Athènes au Pirée, c’est qu’il en passe un toute les sept minutes, et qu’il part de la place Monastiraki, bien situé...

Notes grecques (10) : Mon Salonique

Une fois encore, je n’ai pas retrouvé le quartier perdu de mon enfance au Pirée, mais une fois encore j’en ai retrouvé quelques parcours, quelques traces, me rappelant à nouveau certaines rues extrêmement raides du centre du Pirée, où, quand il pleuvait, l’eau ruisselait en cascade.   Nous habitions dans un quartier flambant neuf où  vivait une population de petite classe moyenne : des maisons mitoyennes dans une rue trè...

Notes grecques (09) : à la fortune du port

Les entrepôts du vieux Pirée, je les ai encore connus lorsque j’étais enfant, tout comme l’ancien terminal maritime, aujourd’hui désaffecté.   En me promenant, je me suis rappelé soudain un quartier tout aussi semblable, un autre quartier de petit commerce, de pièces mécaniques et d’objets liés à l’activité portuaire.   Je le revoyais, cet autre quartier, sans arriver à me rappeler exactement dans quel pays le situer. Je le voyais prè...

Notes grecques (08) : les déguisements du passé

Le Pirée que j’ai connu était un vrai port. Il y avait même une plage de sable sale. Un matin, nous y avions trouvé, fascinés, une femme qui se recouvrait de sable, puis se roulait dedans, comme pour se nettoyer d’une maladie de peau.   On pouvait se baigner à ses risques et périls. Comme, enfant, on a de la peine à penser longtemps aux risques et aux périls et qu’on résiste très mal au plaisir d’...

Notes grecques (07) : triangle et fer à cheval

Les vieux rails désaffectés de l’ancien Pirée témoignent encore de toute l’activité commerciale d’un passé glorieux...   Mais aujourd’hui, tout s’est déplacé plus loin, juste à côté, et les Chinois dirigent le port.   Je n’ai pas connu le vieux Pirée, celui de la première moitié du XXe siècle, mais j’en ai connu un des avatars, celui des anné...

Notes grecques (06) : un enfant du Pirée

Quand je suis à Athènes, il y a toujours un moment où je rejoins le Pirée. C’est mon 'À la recherche du temps perdu grec' à moi. Je repars à chaque fois sur les traces de ce moment intense d’éternité enfantine où nous vivions, ma soeur et moi, sur une des collines de la ville, dans un quartier modeste mais tout neuf situé dans ce Pirée si vieux.   Le métro menant au Pirée est toujours aussi dé...

Notes grecques (05) : le petit monastère et tout le bazar

Avec ma carte journalière tous transports à quatre euro cinquante, je prends la ligne bleue du métro, celle qui navigue entre Sainte Marine (Aghia Marina) et l’Aéroport.   Je descends au ‘Petit Monastère’, Monastiraki, avec une fringale que mon petit déjeuner copieux ne justifie absolument pas.   Qu’importe, ‘if you can’t fight it, enjoy it’, et j’en profite pour savourer les délicieux bretzels grecs, encore tiè...

Notes grecques (04) : Les dieux ne sont pas morts, ils sont riches

Après un délicieux café pris dans mon chez moi athénien temporaire, et une intense rêverie sur sa terrasse tout aussi temporaire, je suis ressorti, rafraichi, vers 22.00 dans l’idée de retrouver les lieux branchés du Lycabette.   Je les avais écumés, avec ceux de Glyfada, plus au sud d’Athènes, au bord de la mer, avec mes collègues chanteurs d’alors, mon amie, Olga, ‘soprano dramatique’...

Notes grecques (03): L'Affaire Callas

Après la Fondation Niarchos, j’ai repris la navette pour rejoindre la place Syntagma et suis retourné vers 19.00 à ce chez moi temporaire, longeant l’avenue Sofias, avec ses élégants hôtels particuliers qui abritent aujourd’hui ambassades (Égypte, France, Belgique, Italie, Norvège, Portugal, Grande-Bretagne...) et musées, le Theocharakis, le Benaki, le Goulandris (un musée des Cyclades et de l’art grec ancien), tous passionnants, et à...

Notes grecques (02): La culture supporte très bien l’armateurisme

Assez facile d’aller à la toute nouvelle Fondation Stavros Niarchos: il faut partir de la place Syntagma où, devant le MacDonald’s, passe une navette « toutes les demi-heures », m’assure la jeune femme chargée d’assister les touristes dans leurs errances, et où j’ai dû l’attendre plus d’une heure.   Le minibus avec air conditionné parcourt la grande avenue Syngrou, qui mène au Piré...

Notes grecques (01): Revoir Athènes et revivre

Extraordinaire de retrouver cette sensation d’enfance, une sensation si forte qui avait submergé mes neuf ans, celle de voir cette ville aimée, une de mes villes, Athènes, et de la voir de haut – à neuf ans, depuis l’Acropole, aujourd’hui, à cinquante-six ans, depuis la grande terrasse du sixième étage d’un élégant immeuble du centre, une terrasse orientée est-ouest, depuis laquelle on voit, à...

Rossini, le Raymond Queneau de la musique

Avec sa dizaine de versions, la mélodie ‘Mi lagnerò tacendo’ de Rossini, inclus dans ces drôlissimes ‘Péchés de vieillesse’, est l’exemple-type de ce qui fait de Rossini un compositeur tout à fait particulier.   Il a bien dû s’amuser à démontrer combien le texte était accessoire, et que c’était surtout la musique qui donnait la couleur du sentiment, comme au cinéma, où...

Appunti italiani (12): Mambo con Morandi (bis)

Al MAMBO di Bologna, mi è piaciuto moltissimo la collezione più “politica” (tra virgolette, cioè impegnata politicamente), collegata colla cosidetta “Bologna rossa”, ossia comunista.   In particolare, c’è un quadro straordinario di Renato Guttuso – che presta anche la sua voce in certe parti del film La Rabbia di Pasolini.   Il quadro di Guttuso, intitolato Funerali di Togliatti (1972) è un grande affresco dove appaiono molte personalità...

Appunti italiani (11): Mambo con Morandi

Oggi, mi sono detto che con tutta questa pazzia delle reti sociali, dove, tutti questi giorni, ho messo molte fotografie, e ripubblicato i miei testi su Pesaro, mi sono dimenticato di ciò che è veramente importante.   Non mi piace. Non sono fiero di me. Anzi, è una vergogna, e devo assolutamente ritrovare un equilibrio.   La domanda chiave: “Vale la pena tutto questo?”   ***   Questa mattina, visto che mi sono alzato presto, ho deciso di andare a visitare il Museo Morandi –...

Appunti italiani (10) : dalla Biennale di Venezia allo shopping

Mi ritrovo in prima classe (€48) perchè non c’erano più posti ed è l’ultimo treno da Venezia a Bologna Centrale.   Avrei dovuto fare il biglietto prima, ma siccome non sapevo essattamente quanto ci vorrebbe per visitare la Biennale, ho preferito lasciare l’ora aperta (con Italo, è pericoloso, è l’ultimo treno esce proprio ora, invece con Trenitalia ce n’è ancora uno verso le 19.40).   ***   Anche in prima classe ci sono dei seccatori ...

Appunti italiani (09) : Miguel Bosè, maschio ballerino

Ho visto tre giovani con questi pantaloni non più in taglia bassa, ma proprio come gli uomini del quaranta, la cintura del pantalone a livello dell’ombelico: due al Festivale Rossini di Pesaro, ed il terzo sulla TV, un “giornalista”, che portava il pantalone di colore beige, e la camicia blù a striscie bianche, e, ovviamente, l’anello all’anulare, molto effeminato, anche nel suo modo di parlare.   Mi chiedo a volte se il pubblico non gay lo nota, in particolare le donne, che sono il pubblico di questo tipo di programma ?  ...

Appunti italiani (08): il gossip ed i pantaloni

Sulla TV stammatina, un programma di pettegolezzi, di gossip sulle biografie delle stelle – in questo caso Miguel Bosè (e Lucia Bosè, e Dominguín). Bosè è stato proprio un icono, perchè il padrino era il medesimo Luchino Visconti (che conosceva l’attrice, la madre, Lucia), poi Picasso era amico della famiglia.   Si sa anche che il padre, il torero, ha avuto molte storie (con Rita Hayworth, Ava Gardner, e tante altre).   Si vedeva tutta la carriera di Miguel Bosè...

Appunti italiani (07) : Bologna, le librerie, le tentazioni...

Dal ‘Giardinetto’, l’albergo di Bologna, è relativamente facile giungere il centro città : bisogna soltanto seguire dritto dritto sulla via San Vitale.   Nel cammino, ho visto altri belli esempi di streetart, e, giunto al Palazzo Communale, dove c’è wifi gratis, ho pubblicato ciò che volevo pubblicare.   Mi sono fermato ad una specie di fastfood italiano dove ho mangiato due pezzi di pizza e bevuto acqua, poi sono andato in questa deliziosa (in tutti i sensi della parola) ‘...