sergiobelluz

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"Et puis quoi, qu'importe la culture ? Quand il a écrit Hamlet, Molière avait-il lu Rostand ? Non." - Pierre Desproges

Le cinoche, le bon: 'Totò Truffa 62'

Hier soir, j’ai regardé avec amusement Totò Truffa 62, où Totò est en duo avec un autre acteur, et où on passe en revue tous les moyens qu’il a de récolter de l’argent pour payer les études de sa fille dans un pensionnat chic (L’Istituto Lausanne !).   Si l’histoire part en quenouille, les numéros, eux, sont très drôles.   Le scénario fait cohabiter les sketches de Totò...

Uscire o non uscire del quartiere (Vasco Pratolini)

“Ora Gino si fa vedere raramente, e se capita che qualcuno di noi gli confidi i propri tormenti, egli si passa una mano sulle labbra nel gesto che gli è abituale e dice:   'Sembra che per voialtri non cambi mai nulla, mentre ogni mattina basta uscire di casa perchè succedano meraviglie.   A volte ho l’impressione che siate rimasti i ragazzi di una volta, quando seduti a cavalcioni sulle panchine si giocava a cherechè, e le bambine ci stavano a guardare.  ...

‘Le Barbier de Séville’ de Rossini : Beaumarchais et Pier Luigi Pizzi en bonus

Dire que Pier Luigi Pizzi est un metteur en scène et un scénographe élégant est un euphémisme : c’est un extraordinaire styliste dont on reconnait facilement la grammaire.   Pas facile de renouveler la mise en scène du ‘Barbiere di Siviglia’ de Rossini, continuellement représenté depuis sa création en 1815, et c’est ce que réussit Pizzi pour cette étonnante production proposée dans le cadre de l’...

‘Adina’ ou Rossini, entre recyclage et bricolage

Dans un incontro du Rossini Opera Festival édition 2018, Fabrizio Della Seta, en charge, pour la production de cette année, de l’édition d’‘Adina’, « farsa in un atto » de Rossini, nous explique que Rossini n’en est pas l’unique compositeur : tel un peintre de la Renaissance, Rossini avait des collaborateurs à qui quelquefois il confiait certaines parties de ses opéras, lui-même supervisant l’...

'Ricciardo e Zoraide' de Rossini: les Croisades incitent à l'amour!

Cette année, à Pesaro, dans le cadre du trente-neuvième  Rossini Opera Festival (le « ROF », pour les intimes), on fête à la fois les cent cinquante ans de la mort de Rossini à Paris, en 1868, et les deux cents ans de Ricciardo e Zoraide, un drame en deux actes, un opéra de 1818 composé par Rossini pour le Teatro San Carlo de Naples et dont le festival présente une nouvelle production.   À la premiè...

On n'est jamais tranquille (cf CFF)

On n’est jamais tranquille dans les trains suisses : quand ce ne sont pas les multiples messages sonores en trois-quatre langues et notamment pour l’accueil (ah, ce « personnel d’accompagnement/train crew » qui nous souhaite la bienvenue et nous souhaite un agrrrrréable voyage/and wishes us a pleasant journey, tout ça pour aller au boulot).   Après, on a les messages multilingues pour le départ, pour l’arrivé...

Le cinoche, le bon : 'Guardie e Ladri' avec Totò et Aldo Fabrizi (1951)

Hier soir, moments de rire avec Guardie e Ladri, ce chef-d’oeuvre méconnu de la comédie italienne.   Au scénario, entre autres, Cesare Zavattini, Mario Monicelli, Stenio et Aldo Fabrizi, qui joue aussi un des deux rôles principaux,   À la réalisation, Monicelli et Stenio, et la photographie est due au futur cinéaste Mario Bava.   C’est une coproduction Carlo Ponti (le mari de Sophia Loren) et Dino de Laurentiis (le mari de Silvana Mangano), et c’...

Le cinoche, le bon

Je suis tombé sur un lot de ces vieux films distribués par René Château   Je me rends compte du plaisir que j’ai à voir et entendre les comédiens à la mode dans les années 30, Elvire Popesco, Gaby Morlay, Arletty, Françoise Rosay, Jacqueline Delubac, Jean Tissier, Fernand Gravey, Charpin..., ainsi que tous les grands seconds rôles de théâtre.   Et puis ces films sont souvent des adaptations de piè...

Anne Rice : Interview With The Vampire ou Le Portrait de Dorian Gay (03)

Je vois bien comment Anne Rice, techniquement et littérairement, a écrit son Interview With The Vampire. En réalité, il s’agit d’une sorte d’autobiographie de Louis, le vampire, et on aurait tout aussi bien pu concevoir un roman où Louis, un homme cultivé, raconterait lui-même sa propre histoire du début à la fin dans le genre de la narration du professeur Humbert Humbert de Lolita de Nabokov, par exemple.  ...

Anne Rice : Interview With The Vampire ou Le Portrait de Dorian Gay (02)

C’est très malin, ces histoires de vampires : sous couvert de soif de sang, c’est de désir qu’on parle, et on peut en parler de manière directe et dire tout ce qu’on veut sans risquer la censure, d’autant qu’en général les vampires sont décrits comme des êtres sans foi ni loi, vivants la nuit, des sortes de fêtards qui doivent dormir le jour, qui ne travaillent pas, qui se nourrissent des autres et à...

Anne Rice : Interview With The Vampire ou Le Portrait de Dorian Gay (01)

Pas mal du tout, Interview With The Vampire (1978), le roman bestseller d’Anne Rice : c’est très bien fait, on reste croché, il y a un ton, comme dirait Léautaud.   À la lecture, je retrouve ces étranges atmosphères gothiques, élégantes et surannées, macabres, « damnées » de Poe (celui de la Chute de la Maison Usher), du Stevenson de Mr Jekyll and Mr Hyde, du ...

Jeux de trolls

Sur Facebook, une femme assez malade mentalement (mais ce n’est pas une question de sexe, le troll se décline au masculin, aussi).   Je sens qu’elle cherche à attirer mon attention par tous les moyens. Elle en est à mettre des photos d’elle, et je sais qu’en partie c’est adressé à moi, qu’elle veut me « séduire », comme elle a voulu séduire d’autres gens que je connais et qui me l’...

Wagner prend son temps

Je suis allé voir une Götterdämmerung de Wagner au Liceu de Barcelone. C’était superbe, une mise en scène brillante de Robert Carsen, une Brünnhilde majestueuse, une Gudrune sublime (un magnifique soprano lyrique), mais un Siegfried très mauvais, rien du Heldentenor, avec une émission très instable.   Cette musique est enivrante, puissante, les sentiments sont exacerbés et, dans ce quatrième volet de la Tétralogie, toute la mé...

Manon Lescaut (bis) : L’abbé Prévost en robe Ungaro

Intéressante, cette Manon 70 de Jean Aurel, avec Catherine Deneuve en Manon, Sami Frey en Des Grieux, et Jean-Claude Brialy qui joue le frère de Manon.   Tourné en 1968, le film reflète évidemment cette époque et Manon, belle et superficielle, alterne son goût immodéré des belles robes du couturier Ungaro, qu’elle se fait acheter par ses riches amants, et les moments de passion avec Des Grieux, devenu, dans cette version, journaliste-reporter.  ...

L’écrivain Augusto Monterroso fait Kafka dans ses Fables

Il m’a fallu aller à la Bibliothèque Universitaire de Lausanne pour trouver La Oveja negra y demás fábulas (‘la Brebis galeuse et autres fables’) de l’extraordinaire écrivain guatémaltèque Augusto Monterroso (1921-2003), un livre parut en 1969 et qui n’a pas pris une ride.   Une petite merveille : des miniatures à l’humour narquois, à la Marcel Aymé – celui de ces chefs-d’...

Le réel n’est pas vrai ou 'Manon Lescaut' de l’abbé Prévost

Intéressant d’entendre et de revoir, au Liceu de Barcelone, cette Manon Lescaut de Puccini, et décidément, il y a dans ce Puccini-là cette vulgarité sentimentale que le vérisme – avec Mascagni et Leoncavallo et leur Cavalleria Rusticana et Pagliacci – va amplifier y compris dans la façon de chanter : des sanglots, des cris d’horreur, un pathos de pacotille lié un pseudo-réalisme factice qu’on retrouve dans toute une veine de ciné...

Racine ou l'élégance perverse

Tous ces soirs, je relis Britannicus  de Racine, et regrette à chaque fois de ne pas le savoir par cœur, tant cette langue est étonnante de rigueur et de souplesse à la fois : une musique, un air d’opéra, que je lis de la même manière que je le chanterais, sur le souffle, faisant se succéder les vers sur une seule respiration, les coupant pour respirer en faisant de la coupure un accent dramatique et expressif, utilisant la coupure pour caracté...

Racine et la tragédie: 'Britannicus'

Les admirateurs et les protecteurs de Corneille (entre autres Mme de Sévigné et Saint-Evremond) reprochaient à Racine son manque de fidélité à la réalité historique, comme le montrent les explications et les règlements de comptes que fait Racine dans chacune de ses préfaces.   Avec Britannicus, Racine veut prouver que les prétendues erreurs et les invraisemblances qu’on lui attribue n’en sont pas ...

Paul Léautaud: le ton, plutôt que le style

Sur les romanciers interchangeables   À André Billy, le 21 avril 1942:   "Vous ne connaissez pas de livre qui aurait pu avoir un autre auteur que le sien ? Voyons ! Prenons les romans seulement. La majorité pourraient avoir des auteurs interchangeables. Donnez à des candidats le même sujet à traiter : les différences ne seraient pas grandes. Est-ce que la plupart des romans ne sont pas des travaux extérieurs à...

Où l'auteur et son illustratrice montrent la papatte!

Vous aimez les petites bêtes qui montent, qui montent?   À plus de 1000 mètre d'altitude, à 'Lettres Vivantes', chez Geneviève Bille, à la Comballaz, au dessus d'Aigle, Chantal Quéhen et moi-même vous attendons le samedi 30 juin, de 15.00 à 17.00 pour un programme 'Fables de la Fredaine'.   Pas besoin de graisser la patte pour entrer.   Chatouilles et gratouilles bienvenues.  

Les pastiches? Basta!

Basta! Non, ce n'est pas que j'en ai marre, c'est que samedi 9 dès 11.00, à la librairie Basta, à Lausanne, je présenterai mes pastiches - et il y aura sûrement du vin et des cacahuètes, et des pistaches, pourquoi pas?   Pensez-y!  

'Les Fables de la Fredaine': rendons à la langue d'Ésope ce qui est à Ésope!

"Tel est pris qui croyait prendre" est un de ces nombreux dictons passés dans la langue et tirés d'une des Fables de La Fontaine, celui-ci de la fable Le Rat et l'Huitre que La Fontaine, pour une fois, n'a pas volé à Esope...    Heureusement, la morale de La Fontaine étant tout de même assez souple, il ne s'est pas gêné de piquer plein d'autres choses pas si bêtes au moraliste grec, pour notre plus grand plaisir à...

CH La Suisse en kit (Suissidez-vous!) - quand La Télé s'en mêle

Même si on m'y renomme Pierre Belluz, merci à mon homonyme Pierre Lachat, libraire chez Payot, pour sa lecture fouillée et son enthousiasme!        

La paix au Bout-du-Monde

Il y a quelque chose de vacancier dans les cafés des clubs de tennis, les gens y sont en tenues de sport souvent blanches, les terrains de terre battue rouges contrastent avec le vert des gazons, on entend les échanges de balles, ce son si particulier, si chic, de la balle de tennis qui rebondit sur les cordes de la raquette à intervalle régulier.   J'avais envie de revenir à cette terrasse du club de tennis de Miremont, à l'arrêt Bout-du-Monde, dans ce coin de Genè...

2018 en rendez-vous

- Jeudi 22 mars 2018, 20.30, Nicosie (Chypre):  Spectacle ’Sur un air de Ramuz’  - Artos Foundation (dans le cadre de la participation suisse au Mois de la Francophonie)   - Mardi 27 mars 2018, 9.00-10.15, Nicosie (Chypre): conférence sur le pastiche littéraire et présentation de CH La Suisse en kit (Suissidez-vous!)  et de ’Les Fables de la Fredaine’ - Université de Chypre, ...

Notes grecques (12) : le bus, transport artistique

Depuis la place Omonia, j’ai repris un métro en direction d’Aghia Marina, cette fois en m’arrêtant à la station Keramicos (‘Céramique’), que je connaissais déjà.   La zone est appelée ‘Gazi’ et, effectivement, ça gaze un max dans ce quartier qui tire son nom de l’ancienne usine à gaz devenue lieu d’exposition d’art contemporain : les bars et les restos se succè...

Notes grecques (11) : l’Orient-Express à €4.50

C’est en retraçant mes pas dans ce vieux Pirée en train de disparaitre que je suis arrivé à son ancienne gare ferroviaire, que je pensais désaffectée, elle aussi, et qui fonctionne toujours.   Si le métro est aujourd’hui le mode de transport le plus courant pour arriver d’Athènes au Pirée, c’est qu’il en passe un toute les sept minutes, et qu’il part de la place Monastiraki, bien situé...

Notes grecques (10) : Mon Salonique

Une fois encore, je n’ai pas retrouvé le quartier perdu de mon enfance au Pirée, mais une fois encore j’en ai retrouvé quelques parcours, quelques traces, me rappelant à nouveau certaines rues extrêmement raides du centre du Pirée, où, quand il pleuvait, l’eau ruisselait en cascade.   Nous habitions dans un quartier flambant neuf où  vivait une population de petite classe moyenne : des maisons mitoyennes dans une rue trè...

Notes grecques (09) : à la fortune du port

Les entrepôts du vieux Pirée, je les ai encore connus lorsque j’étais enfant, tout comme l’ancien terminal maritime, aujourd’hui désaffecté.   En me promenant, je me suis rappelé soudain un quartier tout aussi semblable, un autre quartier de petit commerce, de pièces mécaniques et d’objets liés à l’activité portuaire.   Je le revoyais, cet autre quartier, sans arriver à me rappeler exactement dans quel pays le situer. Je le voyais prè...

Notes grecques (08) : les déguisements du passé

Le Pirée que j’ai connu était un vrai port. Il y avait même une plage de sable sale. Un matin, nous y avions trouvé, fascinés, une femme qui se recouvrait de sable, puis se roulait dedans, comme pour se nettoyer d’une maladie de peau.   On pouvait se baigner à ses risques et périls. Comme, enfant, on a de la peine à penser longtemps aux risques et aux périls et qu’on résiste très mal au plaisir d’...