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Fred Vargas, écrivaine zen

En ce moment, je lis un « rompol » – c’est la nouvelle terminologie – de Fred Vargas, Un peu plus loin sur la droite, dans son style à elle, répétitif, avec ses personnages entre populaires et anarchistes.

 

Cette fois-ci, ce n’est pas le commissaire Adamsberg qui se ballade dans l’enquête, c’est Louis Kehrweiler, mais c’est le même univers.

 

Fred Vargas est très maline d’ailleurs : elle fait le lien entre le commissariat où travaillait Adamsberg - dans sa suite de romans précédents -, en faisant aller son nouveau personnage, Louis Kehrweiler, à ce même commissariat, où il regrette Adamsberg et fait chier le nouveau commissaire.

 

Kehrweiler, qui promène un crapaud dans sa poche, a un ami, un jeune journaliste, Vincent, qu’il a tiré d’un alcoolisme certain, et une vieille prostituée de luxe qui vient d’être expulsée de chez elle et qui est à la rue.

 

Entre deux chapitres avec ces personnages, il y a aussi le monologue intérieur de l’assassin, en italique.

 

Un procédé connu, visuel, typographique, qui est devenu un cliché. Mais Fred Vargas a un un univers à elle, intuitif, presque zen, avec des turbulences soudaines dans une harmonie. Le roman raconte l’impact de ces turbulences sur le héros, sensible à ce changement.

 

Ça me fait penser aux trames et aux procédés de l’écrivain néerlandais Janwillem van de Wetering, grand spécialiste du zen – le grand Oda Sessō (小田 雪窓, 1901–1966) a été son maître –, une philosophie et une discipline qu’il a magnifiquement illustrées dans toute une série de romans policiers passionnants dont les héros, des policiers de la police d’Amsterdam, les détectives Grijpstra et de Gier (comme ça ne se prononce pas), sont aussi saisis, soudain, par une turbulence dans l’harmonie.

 

Ça me rappelle encore, évidemment, la « Force » de la Guerre des étoiles, on entend presque Master Yoda, le petit Jedi vert, dire : « Turbulences in the Force I perceive ».

 

©Sergio Belluz, 2018, le journal vagabond (2018).

 

 

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31/08/2018
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