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Louise de Vilmorin à l’œuvre

Délicieux moments passés, hors du temps, à retrouver et à écouter Louise de Vilmorin dans des portraits et des interviews radio : quelle voix, quelle diction, quel phrasé, quelle passion, quelle tristesse, quelle fantaisie, quel charme !

 

Ses inflexions, ses phrases châtiées, parsemées de mots plus populaires, son ton (qui m’a rappelé Sylvie Joly dans certains de ses personnages snobs), sa vivacité, ont quelque chose de terriblement séducteur.

 

 

Louise de Vilmorin - Une vie, une oeuvre: 1902 - 1969 (France Culture, 1994)

 

 

Une élégance du désespoir, une tristesse souriante, une manière d’écarter les nuages d’une boutade tout en ayant les yeux embués.

 

Ça m’a donné envie de la lire, et de relire ses Carnets, que j’avais lus il y a un moment, et que j’avais beaucoup aimés, déjà.

 

Dans les interviews sur elle, Jean Chalon, un des biographes de Louise de Vilmorin, parlait de sa correspondance, qui était comme une sorte de journal intime.

 

 Est-ce qu’elle existe, cette correspondance ? Est-ce qu’elle a été publiée ? Les extraits qui étaient lus étaient des merveilles d’écriture, de vie, d’observation, de formules très compactes et très drôles.

 

C’est quand même quelqu’un qui a correspondu avec Cocteau, Saint-Exupéry, Malraux et toute la crème d’une certaine intelligentsia joyeuse (rien à voir avec Breton ou Sartre).

 

QU'EST-CE QU'UNE OEUVRE?

 

Louise de Vilmorin, c’est comme un Jean Cocteau au féminin, sans une œuvre aussi conséquente...

 

...ou peut-être que si, mais sous d’autres formes, ses quelques romans, ses carnets, sa correspondance.

 

C’est toujours la même chose : le marché littéraire subdivise la production éditoriale en genres rentables (roman, roman jeunesse, « self-help ») et passe à côté de chefs-d’œuvre de langue et de littérature qui n’entrent dans aucune catégorie.

 

Il y a une virtuosité littéraire et linguistique chez Louise de Vilmorin, une maîtrise de la langue, une originalité, une inventivité incomparable.

 

Et quel charme !

 

©Sergio Belluz, 2019, le journal vagabond (2018)

 

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01/11/2019
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