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Anne Rice : Interview With The Vampire ou Le Portrait de Dorian Gay (02)

C’est très malin, ces histoires de vampires : sous couvert de soif de sang, c’est de désir qu’on parle, et on peut en parler de manière directe et dire tout ce qu’on veut sans risquer la censure, d’autant qu’en général les vampires sont décrits comme des êtres sans foi ni loi, vivants la nuit, des sortes de fêtards qui doivent dormir le jour, qui ne travaillent pas, qui se nourrissent des autres et à qui tout est permis : d’élégants et décadents parasites, en somme, qui, de surcroît, ont bien vécu dans tous les sens du terme puisqu’ils peuvent durer plusieurs siècles.

 

Les stratégies des vampires ressemblent à s’y méprendre à des tactiques de dragueurs et de dragueuses impénitent(e)s. Interview With The Vampire permet à Anne Rice d’exprimer, de décrire, toute une sensualité perverse à travers l’éternelle séduction du vampire attirant sa proie.

 

DEUX CERCUEILS, TROIS VAMPIRES, PLUSIEURS POSSIBILITÉS

 

Louis, le nouveau vampire, est rebuté et fasciné par la sauvagerie de Lestat, qui a fait de lui sa victime, puis son partenaire (on sent bien l’ambivalence) qu’il n’arrive pas à quitter, et d’autant moins que ce même Lestat, pour le retenir, lui « offre » un être à aimer, Claudia, une petite fille dont Louis avait bu le sang sans la tuer et qui le fascine de manière ambigüe :

 

« (...) our life was much changed with Mademoiselle Claudia, as you can imagine. Her body died, yet her senses awakened much as mine had. And I treasured in her the signs of this. But I was not aware for quite a few days how much I wanted her, wanted to talk with her and be with her. At first, I thought only of protecting her from Lestat. I gathered her into my coffin every morning and vould not let her out of my sight with him of possible. This was what Lestat wanted, and he gave little suggestions that he might do her harm. ‘A starving child is a frightful sight’ he said to me, ‘a starving vampire even worse.’ They’d hear her screams in Paris, he said, were he to lock her away to die. But all this was meant for me, to draw me close and keep me there. Afraid of fleeing alone, I would not conceive of risking it with Claudia. She was a child. She needed care. »

 

À partir de cette situation, de ce ménage à trois pervers où toutes les combinaisons sont possibles – Claudia, le jour, partage le cercueil de Louis... –, Anne Rice peut les faire s’aimer ou se haïr, se séduire ou se trahir et peut faire interagir très habilement la cruauté rigolarde du beau et brutal Lestat, la beauté fragile et lettrée de Louis et la fausse innocence de Claudia, la gamine vampire qui ne grandira jamais, mais qui vieillit intérieurement, devenant femme dans un corps de petite fille, éternellement enfermée dans ce corps.

 

©Sergio Belluz, 2018, le journal vagabond (2018).

 

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30/07/2018
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